Extrait de « La légende de Spellman »

SEANCE DE SPIRITISME

1

Malgré un long trajet, Willy avait décidé de prendre sa Harley Davidson. Il venait d’en faire l’acquisition et voulait en profiter. Il suivait les autres dans la voiture d’Alan. Il avait l’allure d’un vrai motard, avec ses santiags et sa veste en cuir. Il ne pouvait pas s’empêcher de temps en temps de tester la bête qu’il avait entre les mains. Il se laissait guider par la Mercedes D’Alan, mais si une route droite se présentait, il dépassait aisément la vitesse autorisée et s’octroyait le plaisir de laisser ses compagnons de route le perdre de vue. Puis il ralentissait après quelques kilomètres pour les attendre et redevenir leur escorte.

Alan l’avait prévenu, le chemin serait difficile d’accès avec sa moto. Mais il n’en avait rien à faire. Il venait d’avoir sa Harley et ça lui avait coûté du temps et de l’argent. Pour se la payer, sans compter le permis, il avait dû bosser au McDonald pendant plusieurs années, alternant études et job à mi-temps, laissant de côté parfois les parties de jambes en l’air avec Sandra. Alors si l’occasion de faire de la route avec sa deuxième chérie se présentait, il n’allait pas abandonner l’idée pour quelques cailloux.

Le petit chemin, qui amenait à la maison de campagne, était effectivement compliqué pour un deux-roues. Willy avait tout de même franchi l’obstacle sans aucun problème.

Ce qui avait aussi incité Willy à prendre la route avec son bolide, c’est qu’il pensait que ça allait être le meilleur moment du week-end. L’idée était venue de sa chère et tendre, une soirée vin et dégustation. Ce qui voulait dire pas de bière pour Willy. Du vin et des amuse-gueules, de l’alcool de vieux et de la bouffe pour anorexique en d’autres termes. Mais bon, il avait accepté pour lui faire plaisir.

Une heure après être descendu de sa bécane, Willy ne pensait qu’à une chose, le retour. Il tenta tout de même de se mêler au délire de la soirée. La première gorgée de vin rouge fut amère.

— Je ne comprends pas ce qu’ils trouvent à ce truc les vieux !

— Le vin n’est pas consommé que par des vieilles personnes, répondit Sandra.

— C’est bien connu, pour s’éclater la tronche on amène toujours du bon vin dans nos soirées étudiantes.

— Le vin se déguste mon chéri, il n’est pas fait pour s’éclater la tronche comme tu dis. Hume-le, goûte-le, et ensuite seulement avale-le.

Il fit semblant de comprendre, inspira profondément l’odeur du liquide rouge dans son verre, le mit dans sa bouche, puis le fit glisser dans sa gorge. Il hocha ensuite la tête sculptée avec un sourire divin.

— Il ne manque plus qu’un bon cigare et de la musique classique !

Sandra non plus n’y connaissait rien, elle voulait juste faire son intéressante. Willy le savait, il la connaissait par cœur. Mais il l’aimait et elle avait l’air contente de sa soirée vin et dégustation.

2

La bouteille avec l’inscription « Bordeaux 1987 » était bientôt vide. Sandra la prit délicatement, s’en servit un léger fond. Elle attrapa ensuite le verre de son amant, puis le remplit de moitié. C’est elle qui avait choisi les bouteilles, c’était la deuxième ouverte de la soirée. Ses convives avaient l’air d’apprécier le thème, et contre toute attente, Willy se prenait au jeu. Les verres se vidaient facilement, les amuse-gueules partaient comme des petits pains, et les conversations s’enchaînaient sans temps mort.

Alan était en train de se remémorer la fois où Willy l’avait sauvé, au collège, alors que quatre élèves l’avaient coincé dans un coin. Ils avaient eu le temps de lui donner quelques coups de poing, et puis Willy était intervenu. Surgissant de nulle part, comme un super-héros. Il avait d’abord jeté l’un d’eux contre le mur avant de donner un coup de genou dans la cuisse d’un autre. Alan ne se souvenait plus trop comment il s’était occupé des deux autres. Ce dont il se souvenait, c’est des quatre assaillants par terre, pleurant presque leur mère. Et Willy, son sauveur, qui lui tendait la main pour le relever.

— Ce jour-là, j’ai décidé de ne plus jamais me déplacer sans toi !

— C’était facile, dit Willy, je les avais pris par surprise.

— Le premier peut-être, mais pas les autres. Willy le défenseur des plus faibles !

— J’ai pas vraiment réfléchi, quand j’ai vu qu’ils t’attaquaient, j’ai juste foncé.

— Il y en a beaucoup qui n’aurait rien fait, ajouta Jennifer.

— C’est mon Willy ça ! reprit Alan. Peur de rien !

— Tout le monde a peur de quelque chose.

— Pas lui ! Une vraie tête brûlée !

— Moi je sais ce qui lui fait peur, dit Sandra, les fantômes lui fichent la frousse !

— Le super-héros a peur des esprits ? ajouta Jennifer en ricanant.

— Je n’ai pas peur des fantômes, répondit Willy. C’est juste qu’on ne plaisante pas avec ces choses-là.

— Et si on faisait une séance de spiritisme ? lança Alan.

— Oh oui ! s’exclame Jennifer.

Willy secouait la tête et allait leur dire qu’il détestait ça. Mais ses trois camarades étaient déjà en place autour de la table basse.

— Non, mais qu’est-ce que vous faites ? demanda Willy.

— Allez, ne fait pas ta peureuse, répondit Jennifer.

— Il est hors de question que je joue avec les forces obscures.

— Pourquoi tu as aussi peur ?

— Je n’ai pas envie d’en parler.

— Donc il t’est arrivé une expérience !

— Eh bien, dit-il avec hésitation, on peut appeler cela comme ça.

— J’adore les histoires qui font peur, allez, ne te fais pas prier.

Willy restait silencieux. Jennifer le poussait à raconter son histoire en répétant son nom. Sandra et Alan se mirent à chantonner avec elle.

— Willy ! Willy ! Willy !

— C’est bon, si c’est la seule manière de vous taire ! Je vais vous raconter.

— Yeah motherfucker ! dit Alan en levant les mains en signe de victoire.

— Quand j’étais gosse, moi et mon frère avons vécu une expérience traumatisante. On était partis avec mes parents pour les vacances. On avait loué une maison pour l’été. Mon frère l’a vue tout de suite en arrivant, la maison était entourée d’une aura maléfique. Dès la première nuit, on a entendu des bruits étranges. Des meubles qui bougeaient ou des portes qui claquaient. Et ça ne faisait que s’accentuer chaque nuit. Au bout de deux semaines, mon frère a décidé de descendre pour affronter nos peurs. Et c’est là qu’on l’a vue. Une forme transparente blanche qui flottait dans le salon. Elle s’est approchée de nous et nous a dit qu’on devait partir. J’étais comme paralysé, mais mon frère voulait pas en croire ses yeux. Il a défié l’esprit et la maison a commencé à trembler, les meubles nous ont encerclés et les objets nous tombaient dessus. On a réussi à esquiver la mort cette nuit-là. Le lendemain, nos parents ne nous ont pas crus, et toutes les nuits suivantes, on pouvait l’entendre crier à travers toute la maison. C’était les pires vacances de toute ma vie.

Sandra ne put s’empêcher de rire, tandis que Jennifer était captivée.

— Trop cool ! Ton histoire me donne envie d’essayer !

— Grave ! acquiesça Alan

— Ne vous moquez pas de moi, c’était une expérience traumatisante. Il ne faut pas jouer avec les fantômes.

— Chéri ! lui dit Sandra. Je t’aime, mais ne raconte plus jamais cette histoire à personne !

Une nouvelle fois, elle éclata de rire. Ils se mirent en position et sommèrent Willy de les rejoindre.

— OK, mais si quelque chose arrive…

— On dira bonjour à la forme blanche, promis ! dit Jennifer.

— On ne croit que les choses que l’on voit, comme on dit.

Willy se décida à rentrer dans leur jeu. Ils n’ont pas vraiment l’air d’y croire de toute manière. Pour appeler les esprits, il faut avoir foi en eux, sinon ils ne viennent pas. Alors autant participer et ne pas passer pour un froussard. Ce ne sont pas de vrais médiums, il n’y a aucun risque.

— Et qui va présider la séance ?

— Moi, dit Jennifer, j’ai beaucoup lu sur le sujet !

— C’est ça ! dit Willy pour se rassurer.

— Je vais préparer l’ambiance adéquate et on commence.

3

Les lumières étaient éteintes. Jennifer avait placé quelques bougies sur la table. Elles oscillaient et éclairaient leurs visages de façon macabre pour certains, et excitante pour d’autres. L’ambiance excitait Sandra, faisait sourire Alan, apaisait Jennifer et foutait la trouille à Willy. Ils étaient assis à même le sol, à genoux, autour de la table basse.

— Bien, dit Jennifer, inspirez profondément. Bloquez. Et expirez par la bouche. Relaxez-vous, on va commencer.

— C’est apaisant, dit Alan.

— D’après ce que j’ai lu, il faut connecter nos âmes pour avoir un pouvoir assez puissant et réussir le contact. Joignez vos mains les uns aux autres et fermez les yeux.

Ils écoutaient les paroles de Jennifer avec intérêt. Willy hésita au début, puis comme il voyait les autres se laisser entraîner dans la méditation, il ferma les yeux.

— Pour ouvrir un passage vers l’au-delà, dit Jennifer, il faut se libérer. Ne pensez plus à rien. Votre corps est léger. Esprit, si tu es là, frappe trois fois.

Rien ne se passa et Jennifer continua.

— Relâchez tous vos sens. Concentrez-vous sur ma voix. Connectez-vous. Esprit, nous croyons en toi ! Esprit, si tu es là, frappe trois fois.

Un léger bruit percuta leurs oreilles, le son du bois qui craque. Une fois, deux fois et une troisième fois.

Ils échangèrent quelques regards et Jennifer leur ordonna de refermer les yeux.

— Esprit, nous t’entendons !

Willy sentait que la séance de spiritisme était un peu plus sérieuse qu’il ne l’aurait pensé. Il sentait un malaise l’envahir. Il se prenait un peu trop au jeu et ne pouvait plus ouvrir les yeux. Sa concentration était trop focalisée sur les mots qui vibraient dans ses tympans.

La voix de Jennifer effleurait ses oreilles, elle devenait plus grave et moins familière. Il l’écoutait avec attention, avec une étrange sensation.

— Laissez votre mental s’ouvrir. Ne soyez plus sûrs de rien, laissez entrer les ondes en vous. Entrez en communication avec l’au-delà. Essayez de vous connecter à mon esprit, ne faisons plus qu’un. Esprit, si tu es là, communique avec nous. Esprit manifeste-toi.

Aucune réponse. Jennifer ne lâchait rien en continuant ses appels.

— Écoutez ma voix. Laissez-vous pénétrer. Écoute-moi. Laisse-toi faire. J’ai besoin que tu m’écoutes. Communique avec moi Willy.

La voix de Jennifer semblait changer. Elle n’était plus douce comme de la laine, elle était beaucoup plus grave. Willy était comme hypnotisé, il se concentrait de plus en plus.

— Laisse-moi te guider. J’ai besoin de toi. J’ai besoin d’eux. J’ai besoin de toi Willy. J’ai besoin d’eux morts. Tu dois les tuer !

Un cri effrayant se fit à deux centimètres de sa tempe et Willy hurla avec. Il s’arrêta lorsqu’il aperçut Alan se tordre de rire à ses côtés.

— Espèce de gros con !

— C’était trop tentant, déclara Alan, t’aurais dû voir ta tête !

— Même moi j’ai eu un petit frisson, avoua Sandra.

— Et les trois coups c’était toi ?

— Évidemment, avec mon pied contre la table.

— T’as gâché la séance ! dit Jennifer en saisissant la bouteille de vin.

Willy se remettait de ses émotions, son pouls avait accéléré à cause de cet abruti d’Alan. Il pensa un moment à revenir en arrière, de quelques années, et laisser Alan se faire casser la gueule, ce fameux jour au collège.

Et puis il l’entendit de nouveau. J’ai besoin de toi, crut-il entendre.

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Jour de visite (Nouvelle gratuite Thriller)

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La vieille femme se balance sur sa chaise à bascule en bois. Assise devant la fenêtre de sa chambre. Elle fixe un point dehors mais elle semble perdue dans ses songes. Ses cheveux tirés en arrière sont blancs comme les nuages qui flottent dans le ciel gris.

Norman vient lui rendre visite tout les mercredis. Bien que les employés de la maison de retraite pensent que la pauvre perd la tête, son fils garde espoir et réussit toujours à avoir des discussions cohérentes avec elle. Il lui parle de son boulot, du temps, des dernières sorties à la salle de cinéma où elle l’emmenait enfant. Des choses futiles qui leur passe le temps qu’ils partagent ensemble.

Il frappe toujours avant de poser le pied à l’intérieur de la pièce, le silence reste la seule réponse au fil des semaines qui défilent, alors il prend l’initiative de plus en plus rapidement. Il tourne presque la poignée en même temps qu’il toque à la porte. Il dépose la boite de chocolat hebdomadaire sur la table puis lui donne un baiser sur le front.

— Ça va maman ?

— Norman ! Dit-elle d’un sourire radieux. Te voilà enfin. Je ne t’attendais plus.

— Tu sais bien que je viens toutes les semaines.

— Je ne sais même plus quel jour nous sommes. Ici les jours se ressemblent tous… Ho mais tu as un beau costume !

Il vient toujours habillé ainsi. Depuis qu’il travaille dans l’agence immobilière, il ne porte plus que des costumes, même les jours de congés. Il oublie juste de mettre la cravate et laisse quelques boutons de sa chemise ouverte.

— Je l’ai mis rien que pour toi ! Je n’allais pas venir voir ma mère adoré en jogging tout de même.

— Tu es aussi beau que ton père l’était à notre mariage.

— Je sais maman, tu me le dis chaque semaine.

— Il me manque, surtout le soir. J’aimais tellement m’endormir dans ses bras. La vie est ennuyeuse sans lui.

— Mais tu es bien traitée ici.

— Ho oui ! Je me repose très bien. Je ne fais que ça de mes journées. Il n’y a pas grand chose d’autre à faire de toute façon. Mais j’ai tout le temps de penser à ça plus tard. Comment ça se passe pour toi Norman ?

— Bien, très bien…

— Vraiment ?

— Absolument. Le travail se passe très bien. Je vais sûrement avoir une promotion, il suffit que je travaille encore un peu et c’est dans la poche.

— Tu en es sûr Norman ?

— Oui maman. Et j’ai rencontré une fille très gentille. Toi qui penses toujours que je n’ai pas de chance avec la gente féminine, je crois que cette fois c’est la bonne !

— Tu es certain Norman ?

— L’avenir nous le dira.

— Qu’est-ce que tu racontes, tu n’as pas d’avenir Norman !

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Tu n’as jamais eu d’avenir. Je te l’avais déjà signalé mais tu ne m’as pas écouté.

— J’étais jeune, mais désormais j’ai repris ma vie en main.

— Tu en es convaincu ?

— Oui maman, avec mon travail et cette fille, tout va bien aller. Je l’emmène au restaurant ce soir et j’ai l’intention de lui demander de vivre avec moi.

— Elle ne viendra jamais habiter avec toi !

— Mais si voyons.

— Qui pourrait vivre dans un trou à rat pareil ?

— Mon appartement est spacieux, je t’assure c’est vraiment bien. Il y a de la place pour deux.

— Regarde comme tu es confiné ici !

— Non, ici c’est une maison de retraite. C’est toi qui vis dans cet établissement.

— Je crois que tu divagues Norman.

— Maman, souffle t-il, tu dois essayer de te concentrer.

— Ce n’est pas une maison de retraite… C’est un asile de fou !

— Ne dis pas de bêtise maman. J’ai parlé avec le directeur et il m’a dit qu’on était aux petits soins avec toi.

— Je ne suis pas réellement ici. Je suis morte depuis des années. C’est toi qui es enfermé dans cet asile !

— Ce n’est pas un asile.

— Tu ne te souviens pas pourquoi tu es là ?

— Je suis venu te voir.

— Tu ne te souviens pas avoir été forcé de venir ici ?

— Maman…

— Tu ne te souviens pas avoir tué ta mère ? demande t-elle en lui attrapant le bras de sa main ridée.

— Je n’aurais jamais fait ça !

Il échappe aux griffes de sa mère qui se lève alors pour s’avancer vers son fils. Il recule car elle le dégoûte avec ses taches sur la peau, ses ongles jaunis et ses veines qui ressortent.

— C’est donc vrai ce qu’ils disent de toi. Tu es complètement fou ! dit- elle en ricanant.

— Non…

— Pourtant tu as bien pris ce couteau de cuisine et tu me l’as bien enfoncé au plus profond de mes entrailles. Sans sourciller tu m’as pris pour un vulgaire gibier. Et tu as ensuite découpé chacun de mes membres dans le garage, avec la scie de ton père pour mieux m’enterrer dans le jardin.

Le doute s’installe dans la tête de Norman. Est-ce la réalité ou un cauchemar ? Sa mère devient-elle folle ? Ou est-ce seulement un mauvais rêve ?

Norman s’enfuie en courant presque, voulant échapper aux souvenirs qui surgissent dans sa tête. Car ce que raconte sa mère lui donne des visions. Du sang surtout, dans la cuisine, et encore du sang, dans le garage. Il court dans le long couloir aux carrelages blancs et noirs pour échapper à sa mère. Elle continue de le poursuivre tout en continuant de rabâcher ses incessantes plaintes. Elle les crie à travers son dentier.

— Reviens ici Norman ! Il faut que tu payes pour ce que tu as fait !

Lorsqu’il arrive dans les escaliers, il bouscule une employée qui laisse tomber le plateau repas qu’elle porte, inondant les marches d’une sauce blanche immangeable.

— Monsieur ne courez pas dans les couloirs !

Mais Norman ne l’entend pas, la voix de sa mère occupe déjà son esprit.

— Monsieur arrêtez, dit l’infirmière vêtu de blanc en le poursuivant. Revenez tout de suite !

Quand Norman se retourne, c’est sa mère qu’il voit et sa voix de vieille folle qu’il entend.

— Reviens Norman ! dit-elle en bavant un filet de sang. Je ne le répéterai pas !

L’obstacle qui le stoppe lui donne un frisson intense. Il se retrouve face à face avec un visage qu’il connaît, mais qu’il n’a pas vu depuis onze ans.

— Écoute ta mère Norman ! lui ordonne son père.

En reculant de peur, il se tourne vers son reflet dans le miroir qui le déstabilise. Son beau costume gris n’est plus qu’une illusion. Á la place, il porte une combinaison blanche comme un patient d’hôpital. Ses cheveux sont ébouriffés et non gominés. Il frotte les cernes bleues en dessous de ses yeux. Il ne se reconnaît même pas lui même.

Sa mère lui attrape le bras alors que son père le plaque au sol. Il crie de toute ses forces.

— Laissez moi ! Je veux partir d’ici !

— Tu fais encore une crise Norman ? Lui demande son père. Il va falloir te donner une leçon cette fois !

— Une belle leçon pour un méchant garçon, continue sa mère.

Norman s’agite alors que son géniteur sort une seringue énorme qu’il lui injecte dans le bras. La piqûre fait mal mais ce n’est rien comparé au liquide qui se répand dans son bras, laissant des veines bleues apparaître sur sa peau. Il se débat encore mais ses forces diminuent. Sa mère rit comme une folle et son père le regarde plein de dégoût. Ses muscles se contractent et il devient impossible de donner des ordres à ses membres.

Lorsqu’il ne peut plus bouger un cil, les deux employés le portent et le posent sur un brancard. Ils l’attachent alors avec une camisole de force, le laissant grabataire à observer le plafond, restant prisonnier de sa propre folie. Il tente tout de même de demander pardon à sa mère, mais impossible de bouger les lèvres.

La légende de Spellman

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Trois jeunes garçons se racontent chacun leur tour une histoire sur la légende de Spellman. Une légende qui hante les esprits, depuis que quatre adolescents ont été retrouvés massacrés.
Le premier évoque un tueur en série sanguinaire.
Le second imagine un sorcier avec un pouvoir de résurrection sur les animaux.
Le troisième explique que l’esprit de Spellman se nourrit d’âmes humaines.
Mais attention. Celui qui aura la moins bonne histoire aura un gage !

Les blogs en parlent :

 » L’auteur use de tous les codes horrifiques pour nous proposer une lecture agréable en terme de style mais également une lecture assez angoissante. » tomabooks.wordpress.com

« J’avais l’impression de regarder un bon film d’horreur américain des années 90 ou début 2000 ! » sophialibrary.com

« Et cette fin… je vous laisse la découvrir… Mais vous ne ressortirez pas indemne de ce livre… » frenesieslivresques.wordpress.com

« Daryl Delight a une plume plutôt agréable, descriptive avec ses détails macabres, crue parfois, incisive. Il a su m’emmener dans son histoire et me faire frissonner pour ses personnages. » booksfeedmemore.eklablog.com

« Trois courtes histoires très différentes les unes des autres mais où l’imagination fertile de l’auteur se dévoile. Il ne recule devant rien pour tuer ses 4 personnages ! Quant au gage final, c’est juste la cerise sur le gâteau ! » ettulisencoreemma.wordpress.com

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